Champignons sur les optiques : comprendre, prévenir et agir

Catégories : Amateurs/Experts
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Vous constatez l’apparition de filaments blanchâtres ou de taches suspectes sur vos optiques ? Il s’agit peut-être de champignons. Pourquoi apparaissent-ils ? Sont-ils réellement dangereux pour votre instrument ? Peut-on les éviter, et surtout, comment réagir lorsqu’ils sont déjà présents ?
Dans cet article, nous faisons le point pour vous aider à comprendre ce phénomène, en mesurer les risques et adopter les bons réflexes afin de préserver durablement vos instruments optiques.
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Légende : Ici, les filaments sont déjà bien étendus, la contamination est importante

Que sont réellement les champignons sur une optique ?

Les « champignons » observés sur les instruments optiques sont en réalité des moisissures fongiques microscopiques, également appelées mycéliums. Ces micro-organismes se développent dans des environnements humides, sombres et peu ventilés, et peuvent s’attaquer :
  • Aux revêtements optiques (antireflet, traitements multicouches)
  • Aux surfaces en verre (lentilles, lames de Schmidt, ménisques)
  • Et parfois à certains éléments mécaniques en contact avec des zones contaminées
Contrairement à une idée reçue, les instruments optiques ne sont pas étanches, notamment les lunettes astronomiques (exceptions : certaines longues-vues terrestres et certaines jumelles).

Humidité : le facteur déclenchant principal

L’élément clé dans l’apparition des champignons est l’humidité. En dehors de cas extrêmes (inondation, pluie directe et prolongée sur l’instrument), l’humidité pénètre par capillarité à l’intérieur des optiques, en particulier dans les objectifs de lunettes et autres ensembles à lentilles. Cette humidité peut provenir :
  • De la rosée lors d’une nuit d’observation
  • D’une pluie légère
  • Ou d’un rangement trop rapide de l’instrument encore humide.
Une fois présente, cette humidité crée un environnement idéal pour le développement fongique.

Méthode d’expansion des mycélium

Les mycéliums peuvent endommager les verres optiques (hors verres borosilicatés) en surface. Ces dégradations sont malheureusement irréversibles, même après traitement : un repolissage peut alors devenir nécessaire dans les cas les plus graves. Les champignons se nourrissent de nombreuses particules présentes sur les optiques :
  • Poussières
  • Résidus organiques (traces de graisse...)
  • Spores déjà présentes dans l’air
Leur expansion ne cesse que lorsque les conditions deviennent défavorables, principalement :
  • Absence d’humidité
  • Environnement plus sec et ventilé
Dans les objectifs de lunettes, les filaments se développent souvent de l’extérieur vers le centre, perpendiculairement au bord des lentilles, ce qui explique certaines formes caractéristiques observées.

Comment apparaissent les champignons ?

Les conditions favorables à leur apparition sont malheureusement fréquentes en astronomie :
  • Exposition à la rosée ou à la pluie lors d’une session d’observation ou d’astrophotographie
  • Rangement immédiat de l’instrument encore humide dans sa caisse
  • Stockage prolongé dans un garage, une cave, un abri extérieur ou sous une bâche
  • Absence de ventilation ou d’aération après une nuit d’observation
Il est essentiel de laisser l’humidité s’évacuer complètement avant de refermer un instrument ou de le ranger dans un contenant fermé. Les moisissures se développent par spores, parfois très rapidement, selon :
  • Le taux d’humidité local,
  • La durée d’exposition
  • La région géographique (zones tropicales ou très humides)
La météo particulièrement humide des trois dernières années n’a fait qu’accentuer ce phénomène, rendant la vigilance encore plus nécessaire.

Quels instruments sont concernés ?

Absolument tous les instruments et accessoires optiques peuvent être touchés :
  • Lunettes astronomiques
  • Télescopes (tous types confondus)
  • Oculaires, lentilles de Barlow, correcteurs de coma, réducteurs
  • Capteurs de caméras et appareils photo, y compris entre des filtres internes (cas déjà observés)
  • Éléments mécaniques en contact avec des surfaces contaminées
À noter : Les champignons sont plus rares sur les aluminures de miroirs Newton, mais beaucoup plus fréquents sur les lentilles, lames de Schmidt et ménisques.

Comment reconnaître une contamination ?

Plusieurs signes peuvent vous alerter. Visuellement, on observe :
  • Des traces filamenteuses
  • Des motifs diffus ou ramifiés
  • Des petites taches sporées
Olfactivement, une odeur caractéristique de moisi est un indicateur très important.
⚠️ Un instrument peut sembler propre en surface tout en étant déjà contaminé à l’intérieur.

Quels sont les risques ?

Les champignons ne cessent pas de se développer tant qu’ils ne sont pas traités ou que les conditions restent favorables. Les conséquences possibles sont :
  • Une dégradation irréversible des traitements optiques
  • Une altération de la qualité d’image
  • Une contamination progressive d’autres éléments optiques proches
  • Une propagation interne, notamment dans les objectifs où les lentilles sont très rapprochées, voire collées
Il est toujours préférable de prendre des précautions dès maintenant plutôt que de découvrir le problème plusieurs mois après la dernière utilisation.

Prévenir l’apparition des champignons

La prévention reste la meilleure protection contre les champignons. Quelques bonnes pratiques essentielles :
  • Toujours laisser sécher complètement un instrument après utilisation
  • Aérer l’instrument avant de le ranger
  • Éviter le stockage prolongé dans des lieux humides ou mal ventilés
  • Ne jamais enfermer un instrument humide dans sa caisse
  • Ne pas hésiter à mettre sacs et caisses au soleil (sans exposition directe prolongée des optiques) afin d’éliminer l’humidité résiduelle. 
Ces gestes simples réduisent drastiquement les risques.
richard_galli_nettoyage
Légende : Richard Galli, de notre atelier, traite certaines optiques en extérieur afin d’éviter toute contamination de l’intérieur de l’atelier

Que faire en cas de suspicion ou de contamination avérée ?

Ne tentez rien vous-même si vous n’avez pas les connaissances et l’outillage adaptés. Un démontage ou un nettoyage inapproprié peut aggraver la situation. Nous vous recommandons de contacter en priorité votre revendeur, celui-ci évaluera la situation et se rapprochera si nécessaire de l’importateur ou du service après-vente.
Un diagnostic sera ensuite établi, suivi le cas échéant d’un devis. Les modalités de prise en charge seront étudiées au cas par cas. Pour toute intervention dans notre atelier, les tarifs et possibilités de traitement dépendent :
  • Du type d’instrument
  • Du niveau de contamination
  • Des opérations nécessaires
  • Un devis est indispensable

En résumé

Les champignons sont un phénomène : réel, fréquent et à prendre au sérieux. Ils se développent principalement en présence d’humidité et d’un stockage inadapté. Une bonne prévention reste la meilleure solution. En cas de doute, ne démontez pas et contactez votre revendeur.

D’autres questions ? Suivez nos guides

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